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Inégaux parce que pauvres

Les multiples visages de la pauvreté

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Dans la bande de Gaza, plus de 90% de l’eau disponible est polluée et impropre à la consommation.                                                         | © Iyad El Baba/UNICEF-oPt

 

Source: Amnesty international

Lorsque les personnes confrontées à la pauvreté évoquent leur expérience, elles ne parlent pas seulement de leur dénuement – bien que celui-ci joue évidemment un rôle essentiel dans leur existence. Elles expliquent aussi, par exemple, qu’elles risquent de ne pas avoir les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école, et qu’elles craignent que l’école, et leur maison, soient démolies au bulldozer le lendemain matin. Elles parlent de la crainte de la violence, qui est omniprésente, et de leur peur d’être traitées comme des délinquantes. Elles disent qu’elles ne sont jamais écoutées, qu’elles sont exclues non seulement de la société mais aussi des décisions qui les concernent. Elles évoquent la perte de leurs maigres moyens de subsistance quand des multinationales décident d’extraire les richesses naturelles qui se trouvent sous leurs pieds. Elles évoquent les arrestations arbitraires, la marginalisation, la privation d’accès à la justice. La pauvreté se caractérise par la privation, l’insécurité, l’exclusion et l’impossibilité de faire entendre sa voix.

Vivre dans la pauvreté

Lorsque vous vivez dans la pauvreté, votre sécurité et celle de votre famille sont menacées quotidiennement. Votre domicile, vos biens et vos moyens de subsistance sont souvent précaires et peu, voire absolument pas, protégés par la loi. Vous occupez rarement un emploi stable et permanent, et n’avez généralement aucun pouvoir dans le cadre des relations employeur-employé. Vous ne disposez d’aucun recours lorsque ceux et celles qui ont du pouvoir sur vous en abusent. Vous risquez davantage d’être affecté•e par les conflits et la violence criminelle, mais aussi d’être privé•e de la protection de la loi et de la police, réservée à ceux et celles qui sont plus riches et qui ont de l’influence.

Droits humains = moins de pauvreté

Pour respecter pleinement les droits humains, il faut admettre que chacun•e a le droit de vivre dans la dignité, a droit à la nourriture, à l’eau, aux soins médicaux, à l’éducation et au logement. Ce principe offre aux personnes vivant dans la pauvreté un outil leur permettant de modifier les rapports de force qui les maintiennent dans cette condition.
Les personnes qui vivent dans la pauvreté sont exclues, privées du droit à la parole et menacées par la violence et l’insécurité. Si leurs droits étaient respectés, le piège qui les emprisonne s’ouvrirait.

Le respect des droits humains exige qu’il soit tenu compte de chaque personne, que chacun•e ait son mot à dire, et que ceux et celles qui détiennent le pouvoir veillent à ce que tous et toutes puissent vivre à l’abri de la peur et du besoin, comme le stipule la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), signée par tous les Etats en 1948.

Des voix que l’on ne veut pas entendre

Les personnes vivant dans la pauvreté disent que les pouvoirs en place les ignorent. Elles estiment qu’on ne tient pas compte de leurs avis. Leurs efforts pour s’organiser se heurtent à la répression, certaines informations concernant le lieu où elles vivent ou le groupe auquel elles appartiennent ne leur sont pas communiquées, et les procédures de consultation sont truquées ou sans effet. Que l’on fasse délibérément taire des personnes ou que celles-ci soient réduites au silence par l’indifférence, le résultat est le même – un puissant sentiment de ne pas pouvoir se faire entendre. Ce n’est pas une simple coïncidence si les pays les plus pauvres sont également parmi les plus répressifs au monde. Et même dans les pays officiellement attachés aux principes démocratiques, les personnes vivant dans la pauvreté ne manquent pas de souligner les difficultés qu’elles rencontrent pour se faire entendre.

Ces personnes disent aussi qu’elles se sentent exclues des institutions qui ont justement été créées afin de fournir les services publics dont elles ont tant besoin. Les tribunaux, la police, les organismes de protection sociale, les conseils municipaux, les services collectifs, les conseils d’établissement – officiellement censés accorder à tous les citoyens et citoyennes un traitement égal – font trop souvent preuve de mépris ou d’indifférence envers les personnes défavorisées. Et si vous êtes une femme pauvre, vous vous heurtez aux obstacles dressés par la famille et la société, qui vous excluent des processus décisionnels et du pouvoir, de l’accès à la propriété et à la terre, du droit de disposer de votre corps, etc.

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