Citoyen du monde
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La Kaaba, située à La Mecque en Arabie saoudite, est le centre de l’islam. Les musulmans du monde entier viennent y faire leur pèlerinage.

L’islam (arabe : الإسلام) est une religion abrahamique articulée autour du Coran, que le dogme islamique considère comme le recueil de la parole de Dieu (arabe : الله, Allah) révélée à Mahomet, considéré par les adhérents de l’islam comme le dernier prophète de Dieu, au VIIème siècle en Arabie. Un adepte de l’islam est appelé un musulman. L’islam a pour fondement et enseignement principal le tawhid (monothéisme, unicité), c’est-à-dire qu’elle revendique le monothéisme le plus épuré où le culte est voué exclusivement à Dieu.

La religion musulmane se veut une révélation en langue arabe de la religion originelle d’Adam, de Noé, et de tous les prophètes parmi lesquels elle place aussi Jésus. Ainsi, elle se présente comme un retour à la religion d’Abraham (appelé, en arabe, Ibrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant la voie d’Ibrahim (millata Ibrahim), c’est-à-dire une soumission exclusive à Allah.

Le Coran reconnaît l’origine divine de l’ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianisme, tout en considérant qu’ils sont, dans leurs écritures actuelles, le résultat d’une falsification partielle: le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d’Abraham), la Tawrat (le Pentateuque ou la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l’Injil (l’Évangile).

Outre le Coran, la majorité des musulmans se réfère à des transmissions de paroles, actes et approbations de Mahomet, récits appelés hadîths. Cependant, les différentes branches de l’islam ne s’accordent pas sur les compilations de hadiths à retenir comme authentiques. Le Coran et les hadiths dits « recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique, la charia, les deux autres étant l’unanimité (ijma’) et l’analogie (qiyas).

En cette mi-2014, le Status of Global Mission estime que l’islam compte 1,661 milliard de fidèles (soit 22,9 % de la population mondiale), ce qui en fait la deuxième religion du monde après le christianisme et devant l’hindouisme. C’est, chronologiquement parlant, le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques, après le judaïsme et le christianisme avec lesquels il possède un certain nombre d’éléments communs.

L’islam se répartit en plusieurs courants, notamment le sunnisme, qui représente entre 80 et 85 % des musulmans, et le chiisme rencontré principalement en Irak et en Iran.

Étymologie

Le mot « islam » est la translittération de l’arabe الإسلام, islām écouter, signifiant : « résignation », « reddition », « soumission », « allégeance », sous-entendant « à Dieu ». Il s’agit d’un nom d’action (en arabe اسم فعل ism fi’l), dérivé d’un radical sémitique, s.l.m qui désigne l’acte de se soumettre d’une manière volontaire, de faire allégeance.

Le mot « islam » avec une minuscule désigne la religion dont le prophète est Mahomet. Le terme d’« Islam » avec une majuscule désigne l’ensemble des peuples musulmans, la civilisation islamique dans son ensemble mais ne fait plus partie du langage courant.

Le nom d’agent (en arabe اسم فاعل ism fā’il) dérivé de cette racine est مُسْلِم muslim « celui qui se soumet », à l’origine du mot français musulman. Le mot « Musulman » avec une majuscule désignait au sein de l’ex-Yougoslavie une des communautés nationales et la désigne encore dans certains des États qui en sont issus.

La religion musulmane a été désignée autrefois en français par le mot islamisme (comme judaïsme, christianisme, bouddhisme, animisme, etc). Mais ce terme tend à être remplacé par celui d’« islam », le mot « islamisme » s’étant spécialisé pour désigner les courants politiques radicaux ou non du revivalisme musulman. L’islamisme est une doctrine politique qui vise à l’expansion de l’islam.

Le mot Islam, qui peut alors porter une majuscule, a toutefois aussi en français un sens différent : il désigne, au-delà de la religion proprement dite avec sa foi et son culte, une puissance politique et un mouvement de civilisation général.

L’adjectif « islamique » qualifie tout ce qui se rapporte à l’islam en tant que religion et en tant que civilisation.

On trouve aussi, particulièrement dans les anciens romans de chevalerie, les termes mahométisme et mahométan, qui sont tombés depuis plus d’un siècle en désuétude. Leur usage actuellement, sans être insultant, prend le sens péjoratif de religion étrangère, inactuelle et surannée.

Situation contemporaine mondiale

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Carte des pays dont la communauté musulmane représente plus de 10 % de la population. En vert, les pays à majorité sunnite, en rouge, ceux à majorité chiite, et en bleu, ceux à majorité ibadiste.

Mi-2014, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,661 milliard, c’est-à-dire 22,9 % de la population mondiale. La diffusion de l’islam, hors du monde arabe, s’explique par les migrations et les conversions. L’islam est aujourd’hui la religion ayant la plus forte croissance démographique.

L’islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États, sous la forme de « République islamique ». Il s’agit alors officiellement de la religion d’Etat. Toutefois, ces États ne sont pas les seuls où l’imbrication du civil et du religieux est conforme à ce que veut la charia comme en Arabie saoudite.

Il peut se produire une confusion entre Arabes et musulmans, principalement à cause de deux facteurs : l’origine arabe de l’islam et la place centrale qu’occupe la langue arabe dans cette religion. Il y a environ 300 millions d’Arabes, dont la grande majorité est musulmane. En fait, 20 % seulement des musulmans vivent dans le monde arabe, un cinquième sont situés en Afrique subsaharienne, et la plus grande population musulmane du monde est en Indonésie. D’importantes communautés existent au Nigeria, Bangladesh, Afghanistan, Pakistan, en Iran, en Chine, en Europe, dans l’ancienne Union soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a trois millions de musulmans aux États-Unis représentant 1 % de la population américaine et environ 2,1 millions en France selon l’INED et l’INSEE, principalement issus de l’immigration auxquels il faut ajouter les conversions, dont le nombre est très difficile à déterminer d’autant qu’il y a des conversions en sens inverse et des apostats.

Théologie musulmane : les cinq piliers

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Chahada gravée sur une colonne dans la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie.

Les piliers de l’islam sont les devoirs incontournables que tous les musulmans doivent appliquer. Les plus notables et respectés sont au nombre de cinq. Ces cinq piliers sont explicitement cités dans le Coran séparément, bien que le nombre de cinq n’est pas directement rapporté dans le Coran mais plutôt dans un hadith prophétique : « L’islam est bâti sur cinq piliers »:

  1. la foi en un Dieu unique (tawhid), Allah, et la reconnaissance de Mahomet comme étant son prophète : «أشهد أن لا إله إلا الله و أشهد أن محمداً رسول الله » (Je témoigne qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah)
  2. l’accomplissement de la prière quotidienne et ce cinq fois par jour, la salat ;
    الصبح (Al-Sobh), الظهر (Al-Dohr), العصر (Al-asre), المغرب (Al-maghrib), العشاء (Al-ichaa)
  3. la charité envers les nécessiteux, la zakât ;
  4. le respect du jeûne lors du mois de ramadan ;
  5. le hajj, le pèlerinage à La Mecque au moins une fois dans sa vie, si on en a les moyens matériels et physiques.

La chahada déclaration de foi »), qui représente une partie credo islamique, consiste en une phrase très brève : « Je témoigne qu’il n’y a de vraie divinité qu’Allah et que Mahomet est Son messager. »

Les grandes variantes théologiques de l’islam                                                                                                                              Les croyants se partagent en trois branches principales : le sunnisme rassemble environ 90 % des musulmans, le chiisme environ 10 %, l’ibadisme (division du kharidjisme) moins de 1 %.

Principaux courants de l’islam.
La relation directe de l’homme à Dieu par le Coran et la liberté religieuse vont amener une multiplication des tendances religieuses. L’absence de clergé permet l’existence de différentes normes juridiques, et différentes écoles religieuses. À la mort du prophète, des différences religieuses importantes et la conquête arabe fulgurante provoquent des rivalités politiques. Beaucoup de questions sur la liberté de l’homme, le péché, la foi, etc. conduisent à la constitution de théologies musulmanes qui essayent de donner des réponses aux questions et aux problèmes non détaillés par les textes divins, et de faire face aux défis de la vie humaine.

Relation de l’islam aux autres religions

Le Dôme du Rocher à Jérusalem

L’islam reconnaît tous les pères fondateurs du judaïsme (Moïse, David, Salomon) comme des prophètes, sans pour autant s’y limiter, et établit d’une manière générale les prophètes comme moyens pour Dieu de rappeler les hommes vers la foi en Lui et un comportement de droiture.

Îsâ (Jésus de Nazareth) est un prophète, dont le retour est attendu à la fin des temps. À son propos, il est écrit dans le Coran que Jésus n’a pas été tué ni crucifié mais qu’il a « été élevé vers Dieu ».

Il y a une controverse parmi les musulmans quant à l’existence de l’Antéchrist. Ce dernier n’est pas mentionné dans le Coran, mais certains hadîths parlent de lui et du fait que Jésus le combattra à la fin des temps.

L’attitude de l’islam par rapport à ces deux religions antérieures, qu’ils appellent « religions du Livre », consiste à la fois à les respecter, leur reconnaître une certaine vérité, et les considérer comme ayant été corrompues au fil du temps par les passions des hommes (manipulations servant des besoins politiques, injustice, excès, etc.) (sourate 17, 30…). Mahomet, considéré comme le dernier prophète par cette religion, étant appelé à rétablir le message dans sa vérité primordiale, c’est-à-dire telle que définie par Ibrahim (Abraham).

L’apostasie dans l’islam vers une autre religion, quelle qu’elle soit, est fermement interdite par l’interprétation majoritaire du Coran.

Allah

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Allah écrit en arabe

Le fondement doctrinal de l’islam est que Dieu (Allah en arabe) est unique. L’unicité de Dieu (tawhid) se décompose en trois branches selon une position dogmatique remontant à l’Imam Ibn Taymiyya au XIVème siècle :

L’unicité dans la Seigneurie (tawhid ar-Rouboubiya)
(Ou, la foi en la seigneurie d’Allah) C’est le fait de reconnaître les œuvres spécifiques à Allah (tel le fait de donner la vie, la mort, la subsistance…). Reconnaître Allah comme Seigneur c’est lui reconnaître :
– La création, Allah est Le seul Créateur
– La royauté, Allah est Le seul à détenir la royauté
– La gérance, Allah est Le Seul à gérer la création

L’unicité dans l’adoration (tawhid al Oulouhiya)
(Ou, la foi en la divinité d’Allah) C’est le fait de vouer tout acte d’adoration à Allah, en toute exclusivité.

L’unicité dans les noms et attributs (tawhid al asma wa sifat)                                                                                                              (Ou, la foi en ses noms et attributs) Allah dans le Coran s’est attribué des noms et des caractères, tout comme Mahomet dans sa sounna (traditions) a attribué à Allah des noms et des caractères, que tout musulman se doit d’accepter.

– Tous les noms d’Allah sont parfaits puisque chacun d’entre eux désignent un caractère qui est lui aussi au summum de la perfection. C’est pourquoi les musulmans doivent invoquer Allah par ces noms-là.

– Les attributs d’Allah sont tous parfaits, sans aucune faille.

Exemples de noms et attributs d’Allah : al-Wahid (l’unique) al-Rahmane (le miséricordieux) al-Rahime (le tout-miséricordieux) al-Afou (le tout-clément) al-Awal (le premier) al-Akhir (le dernier).

Ces trois branches de l’unicité sont indissociables et forment à elles trois, le Tawhid, ou le premier pilier de la foi.

Le Coran

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Le Coran

Le Coran (القرآن al qourān, « lecture ») est le livre le plus sacré des musulmans. C’est le premier livre connu à avoir été écrit  en arabe, qu’il a contribué à fixer. Les musulmans le considèrent comme la parole de Dieu, transmise à Mahomet. Étant illettré, ce sont certains de ces compagnons lettrés par exemple Zaid ibn Thabit, qui ont mis par écrit les versets du Coran au fur et à mesure des révélations qu’eut Mahomet. Ces versets étaient écrits sur des feuillets, pièces de cuir, os plats prélevés de carcasses d’animaux. En somme, tout support sur lequel les scribes pouvaient écrire les versets que Mahomet dictait.

C’est le calife et ami de Mahomet, Abou Bakr As-Siddiq, qui, peu après la mort du prophète de l’islam, met Zayd ibn Thâbit à la tête d’un comité ayant pour but de réunir tous les versets écrits de son vivant pour en faire un seul ouvrage. Afin d’éliminer tous risques d’erreurs, le comité n’accepta que les écrits qui avaient été rédigés en présence de Mahomet et exigea deux témoins fiables à l’appui, qui avaient réellement entendu Mahomet réciter les versets en question. C’est le troisième calife également ami de Mahomet, Outhman (calife entre l’an 23 et l’an 35 de l’Hégire) qui demanda qu’on en fasse plusieurs copies reliées.

Selon le récit religieux musulman, cette transmission de l’archange Gabriel à Mahomet aurait eu lieu de manière fragmentaire par voie auditive, par la voie du rêve prophétique ou par la voie de « l’inspiration divine » (wahy), durant une période de vingt-trois ans. Après des débats houleux, le calife al-Mamum à Bagdad, vers 820 proclame le Coran, manifestation de l’attribut de Allah appelé Kalâm de Allah », par dogme, incréé, éternel et inimitable. Le débat se prolongera jusqu’au ixe siècle. Ahmad Ibn Hanbal, aux prises avec une véritable inquisition musulmane, ayant assigné le rôle des autres écrits – hadîth, sunna — déclare finalement le Coran incréé de la première à la dernière page. Il ne peut donc pas avoir été écrit, précédé, ni prolongé. Son origine n’est pas humaine. La seule étude du texte se résume à l’apprendre par cœur et à en rechercher le sens transmis, et à le mettre en pratique. Il est au cœur de la pratique religieuse de chaque musulman. Pour celui-ci, le Coran est un livre saint qui n’a pas subi d’altération après sa révélation, car Dieu a promis que ce livre durerait jusqu’à la fin des temps: le texte ainsi que sa signification sont préservés sur Terre, c’est-à-dire qu’ils existent et sont détenus par la majorité selon un hadith de Mahomet, mais cela n’empêche en rien l’existence de mauvaises interprétations chez ceux qui ne sont pas « versés dans la science ».

Cependant cette non création du Coran n’est mentionnée explicitement ni dans le Coran ni dans les hadiths

Le Coran est divisé en cent quatorze chapitres nommés sourates, de longueurs variables. Ces sourates sont elles-mêmes composées de versets nommés âyât (pluriel de l’arabe âyah, « preuve », « révélation »). L’ordre des versets et sourates tel qu’on le connaît a été dicté par Mahomet.

La plupart des musulmans ont un grand respect pour le Coran et font les ablutions, c’est-à-dire se lavent comme pour faire les prières, avant de le lire. Les vieux exemplaires sont brûlés, et non détruits comme du vieux papier. Le statut théologique du texte le met en effet à l’écart de toute autre chose: le texte contenu dans le livre est censé être une manifestation de la puissance de Dieu et est considéré par les musulmans comme un miracle accordé à leur prophète.

Mahomet

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Le prophète Mahomet, illustration d’un manuscrit ottoman du XVIIe siècle.

Il est possible de faire une histoire des représentations de Mahomet, mais pas une biographie historique au sens moderne du terme. L’ensemble des données non islamiques sur la vie de Mahomet ne dépassent pas une page.

Le chef religieux, politique et militaire arabe Mahomet (محمد en arabe), dont le nom est parfois aussi transcrit par Mohammed, Muhammad, etc. en français est le fondateur de l’islam et de la communauté musulmane (oumma). Il est considéré comme le dernier prophète du monothéisme par les musulmans et il n’est reconnu comme prophète que par cette communauté. Ils ne le considèrent pas comme le fondateur d’une nouvelle religion, mais pensent qu’il est le dernier d’une lignée de prophètes de Dieu (du monothéisme) et considèrent que sa mission est de restaurer la foi monothéiste originale d’Adam, Abraham et d’autres prophètes, foi qui avait été corrompue par l’homme au cours du temps.

Selon le Coran, pendant les 23 dernières années de sa vie, Mahomet dicte des versets, qu’il reçoit d’Allah par l’intermédiaire de l’ange Gabriel (Jibril), à des fidèles de plus en plus nombreux convaincus par ce nouveau message. Le contenu de ces révélations sera compilé moins de 20 ans après la mort de Mahomet en un ouvrage, le Coran, livre saint des musulmans.

Histoire

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Salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan, soutenue par une forêt de colonnes en marbres divers.

L’islam est apparu en Arabie au VIIème siècle sous l’impulsion du prophète Mahomet. Un siècle après sa mort, un empire islamique s’est étendu de l’océan Atlantique dans l’ouest vers l’Asie centrale dans l’est. Celui-ci n’est pas resté unifié longtemps ; le nouveau régime a rapidement fini en guerre civile (voir Fitna) et plus tard affectée par une deuxième Fitna. Ensuite, il y eut des dynasties rivales réclamant le califat, ou la conduite du monde musulman, et beaucoup d’empires islamiques furent gouvernés par un calife incapable d’unifier le monde islamique.
En dépit de ce morcellement de l’islam en tant que communauté politique, les empires des califes d’Abbassides, l’empire moghol et les Seldjoukides étaient parmi les plus grands et les plus puissants au monde. Les Arabes produisirent bon nombre de centres islamiques, de scientifiques, d’astronomes, de mathématiciens, médecins et d’illustres philosophes pendant l’âge d’or de l’islam (voir Sciences et techniques islamiques). La technologie s’épanouit ; un investissement soutenu dans les infrastructures, telles que des systèmes d’irrigation et des canaux; et surtout, l’importance de lire le Coran produisuirent un niveau relativement élevé de l’instruction parmi la population.

Plus tard, aux XVIIIéme et XIXème siècles, plusieurs régions islamiques tombèrent sous les puissances impériales européennes. Après la Première Guerre mondiale, les restes de l’Empire ottoman furent partagés sous forme de protectorats européens.

Bien qu’affectée par diverses idéologies, telles que le communisme, pendant une bonne partie du XXème siècle, l’identité islamique et la prépondérance de l’islam sur des questions politiques augmentèrent au cours de la fin du XXème siècle et le début du XXIème siècle. La croissance rapide, les intérêts occidentaux dans des régions islamiques, les conflits internationaux et la globalisation influencèrent l’importance de l’islam dans le moulage du monde du xxie siècle.

Critiques

Les critiques négatives contemporaines, faites à l’islam par de nombreux auteurs de pays dont les systèmes politiques sont laïques ou séculiers, sont pratiquement les mêmes que celles faites aux deux autres religions monothéistes : obscurantisme, misogynie, phallocratie, intolérance, hostilité envers les autres croyances, éloge de certaines violences…. qui en sont les caractères extrêmistes et qui dominent face aux notions de justice, de paix, d’égalité que l’on peut retrouver dans ces religions.

Par exemple parmi les auteurs anglo-saxons, l’éthologiste et écrivain britannique Richard Dawkins. Selon lui, l’islam est incompatible avec les avancées récentes de la science, et notamment la théorie de l’évolution. Dawkins a récemment émis le souhait personnel de « populariser l’évolution dans le monde islamique ». Cette critique est formellement contredite par le medecin Maurice Bucaille qui affirme dans son livre « L’homme d’où vient-il ? » : les réponses de la science et des Écritures saintes que l’évolution est tout à fait compatible avec les récits Coraniques. Pour l’historien Mohamed Talbi, l’évolutionnisme est une vieille tradition dans la pensée musulmane, il cite entre autres Ibn Khaldoun.

Le journaliste anglo-américain Christopher Hitchens, est encore plus virulent à l’égard de l’islam et des religions en général : « Violente, irrationnelle, intolérante, alliée au racisme, au tribalisme et au sectarisme, revêtue d’ignorance et hostile à l’investigation libre, dédaigneuse des femmes et coercitive envers les enfants : la religion organisée doit avoir beaucoup sur la conscience. » Au sujet de l’islam, Hitchens soutient que cette religion est sexiste, intolérante, et comprend de nombreuses « sectes guerrières et contradictoires entre elles »; de plus « l’affirmation fondamentale » de l’islam selon laquelle l’islam « ne peut s’améliorer et est définitif », est selon lui « absurde ».

Cependant, bien des critiques peuvent paraître infondées, comme l’accusation de racisme, de tribalisme ou d’intolérance; le Prophète au contraire lors du discours d’adieu avait dit qu' »aucun arabe n’a une supériorité sur un non-Arabe« . À un autre moment il dit qu' »il faut obéir à l’autorité légale détenue par même un noir à nez coupé« . Aussi, à plusieurs reprises il recommanda « d’assurer à la femme le meilleur traitement« . Par exemple, il voulut élever la position de la femme en disant : « Le Paradis se trouve sous les pieds de vos mères« . Enfin dans les actes selon Muhammad Hamidullah, le Prophète nomma une femme, Umm waraqah bint ‘Abdallah b. al-Hârith, imam des hommes et femmes de son quartier à Médine à titre exceptionnel. Mais selon Youssef al-Qaradâwî, le Prophète autorisa Umm waraqah à diriger la prière uniquement pour sa famille dans sa maison. De plus, ce dernier hadith est jugé faible.

Pour ce qui est de la tolérance religieuse, citons la lettre du Prophète aux évêques et chrétiens najrânites où ils purent exercer librement leur culte (ils purent en outre prier dans sa mosquée en s’orientant vers l’orient) en l’an 631. Il en fut de même pour les juifs de Médine conformément au verset 256 de la sourate 2 « Point de contrainte en religion« .

« Le futur de l’Islam se trouve dans le principe de l’accord des musulmans avec la conception de la [foi] universelle et la capacité, à travers cette universalité, de faire et d’abroger des lois. À mesure que les musulmans avancent, leurs lois peuvent, de même, avancer avec eux, et la prise de la mainmorte du droit canon peut se relâcher graduellement et légalement »

Les rapports entre hommes et femmes dans l’islam sont le résultat complexe et mouvant de l’interaction entre les différentes sources religieuses musulmanes, leurs interprétations ainsi que l’histoire et la tradition des pays à majorité musulmane. De ce fait, si de manière générale, la charia définit de profondes différences entre le rôle, les droits et les obligations des hommes et des femmes en islam, le statut de la femme dans les différents courants islamiques et dans les différents pays musulmans est soumis à une grande variété, notamment en ce qui concerne le régime des mariages et des divorces, le code vestimentaire, ou encore le statut légal, les droits civiques et l’accès à l’éducation des femmes.

Des pays à majorité musulmane ont déjà eu des chefs d’État ou de gouvernements féminins : Benazir Bhutto au Pakistan, Mame Madior Boye au Sénégal, Tansu Çiller en Turquie, Kaqusha Jashari (en) au Kosovo, Megawati Sukarnoputri en Indonésie, ainsi que Khaleda Zia et Sheikh Hasina au Bangladesh1.


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