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Risques amplifiés de manière disproportionnée

+3 °C: portrait d’une planète en surchauffe (2)

Source: Michel de Pracontal – Mediapart – 11 novembre 2015

L’objectif affiché de la COP21 est de maintenir la température globale de la planète à un maximum de +2 °C par rapport à la moyenne pré-industrielle. On en est loin. Si l’on s’en tient aux annonces des États, on se dirige vers +3 °C, ou plus. À ce niveau, les conséquences seront catastrophiques.

Au-dessus de deux degrés de réchauffement, les scientifiques s’attendent à ce que les risques climatiques pour le monde vivant et l’habitat humain augmentent très fortement, avec beaucoup plus d’inondations, de tempêtes, d’intempéries, de sécheresses et des menaces croissantes sur des écosystèmes comme les coraux ou les forêts, entraînant des pressions sur la biodiversité, les ressources en eau, les récoltes.

On peut craindre des phénomènes en cascade amplifiant les effets du réchauffement : par exemple, la fonte du permafrost (pergélisol) pourrait libérer de grandes quantités de CO2 et de méthane qui s’ajouteraient aux émissions humaines ; la fonte des calottes polaires peut ralentir la circulation de grandes masses océaniques, ce qui accentuerait l’élévation du niveau des océans dans l’hémisphère Nord.

Le seuil des 2 °C comporte une part d’arbitraire : il n’évitera pas un certain nombre d’impacts importants du changement climatique, qui commencent déjà à se manifester. Mais si les risques existent déjà au niveau de 2 °C, ils augmentent de manière disproportionnée pour un degré de réchauffement plus élevé. Les impacts négatifs dans un monde à 4 °C seraient plus que doublés par rapport à ceux d’un monde à 2 °C.

Cette amplification du risque est illustrée par une analyse du groupe de recherche britannique Avoid 2. Elle compare les impacts d’un scénario où les émissions sont réduites de manière à rester en dessous du seuil de 2 °C à ceux d’un scénario à 3 °C, correspondant aux actuelles promesses des différents pays et à un scénario sans réduction d’émissions conduisant à 5 °C de réchauffement.

En 2100, les inondations affecteraient 30 millions de personnes par an si l’objectif 2 °C est tenu, 60 millions par an avec 3 °C de réchauffement et 120 millions avec 5 °C. Les vagues de chaleur toucheraient 3 fois plus de personnes par an dans un monde à 3 °C que dans un monde à 2 °C, et 9 fois plus dans le scénario à 5 °C.

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