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Endoctrinés parce que crédules?

Djihadiste de retour en Suisse: le défi de la réinsertion

Source: Célia Héron – Le Matin – 13 décembre 2014

JUSTICE — La condamnation d’un djihadiste vaudois de retour en Suisse a semblé mettre l’accent sur la réintégration, un choix qui n’est pas passé inaperçu chez nos voisins.

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Un djihadiste se battant aux côtés du groupe Etat Islamique en octobre dernier, en Syrie – Image: AFP

«Trop clément», ou «assez fin»? Le jugement du Ministère public de la Confédération (MPC) a surpris certains cette semaine. Alors qu’en France ou en Allemagne, des djihadistes en herbe sont d’ores et déjà en prison, un Vaudois reconnu coupable de «participation à une organisation criminelle et de service militaire étranger» devra effectuer 600 heures de travail d’intérêt général avec sursis, et une psychothérapie.

Il devra également trouver une place de travail, s’acquitter de 4700 francs de frais de procédure et réaliser un documentaire photographique.

Vendredi 12 décembre, le magazine Vice se penche sur la logique de la condamnation dans un long article intitulé «Pourquoi un djihadiste suisse est condamné à faire un reportage photo sur le thème de la paix»

«C’est quelqu’un de particulier»

Le procureur général de la Confédération Michael Lauber a insisté sur ce le fait que les peines prononcées pour d’autres cas ne seraient pas nécessairement identiques. Mais force est de constater que ce premier jugement semble mettre l’accent sur la réinsertion et non la répression.

Converti à l’islam en 2013 dans une mosquée vaudoise, le jeune Romand affirme avoir été «endoctriné» et avoir vécu un cauchemar en Syrie, où il est resté trois mois avant de rentrer. L’ordonnance «tient parfaitement compte de la personnalité du jeune homme. C’est quelqu’un de particulier, il a un parcours très surprenant. Je trouve que c’est un jugement assez fin, compte tenu de ses possibilités de réinsertions» estime Jean-Paul Rouiller, spécialiste suisse du terrorisme et directeur du Geneva Centre for Training and Analysis of Terrorism (GCTAT), interrogé par Vice.

«La réintégration d’un ancien djihadiste est compliquée. Le suivi psychologique est essentiel, les gamins qui reviennent sont souvent en état de choc post-traumatique. Ensuite, ce sont des réponses sociales qu’il faut apporter. Comment les réinsérer, leur donner un but, un objectif, des raisons de ne pas rebasculer.»

«Des gamins en mal d’idéal»

«Ces gosses, quand ils partent, c’est des gamins en mal d’idéal et d’objectifs et c’est ce qu’on prétend leur donner là bas. Ils ont le sentiment d’appartenir à quelque chose de plus grand, d’important», explique-t-il encore.

D’après l’ordonnance, à laquelle Vice a eu accès, le Vaudois aurait «agi par recherche d’une forme de fraternité d’armes au sein d’une communauté masculine qu’il idéalisait, par faiblesse de caractère, naïveté et fragilité alors qu’il rencontrait certaines difficultés adaptatives et identitaires dans sa vie en Suisse et cherchait un sens à sa vie».

L’expert Jean-Paul Rouiller estime néanmoins que les peines suisses ne sont pas suffisantes et «pas adaptées au terrorisme»: cinq ans maximum d’emprisonnement sont prévus pour l’appartenance à des organisations criminelles accompagnée d’actes de préparation en vue d’une action criminelle, souligne le magazine.

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